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La communauté de Strasbourg a proposé aux sœurs de la région de France, trois pistes de prière et de partage pour le temps de l’Avent, à partir de la lettre « Réjouissez-vous »
 

La communauté de Strasbourg  a proposé aux sœurs de la région de France, trois pistes de prière et de partage pour le temps de l’Avent, à partir de la lettre « Réjouissez-vous », envoyée par la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostoliques, en vue de l’année dédiée à la Vie consacrée, en date du 2 février 2014. H. Sylvie Clarec.

Nous vous faisons connaître ces propositions, pour que vous puissiez les utiliser dans votre réalité, si vous le souhaitez.

I - Réjouissez-vous, exultez, soyez dans l’allégresse …

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, vous tous qui

l’aimez, soyez avec elle dans l’allégresse, vous tous qui avez pris le deuil sur elle.

Car ainsi parle le Seigneur : « Voici que je fais couler vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent débordant, la gloire des nations ; vous serez allaités, on vous portera sur la hanche, on vous caressera en vous tenant sur les genoux.

Comme celui que sa mère console, moi aussi, je vous consolerai : à Jérusalem, vous serez consolés.

À cette vue, votre cœur sera dans la joie et vos membres reprendront vigueur comme l’herbe.

La main du Seigneur se fera connaitre à ses serviteurs. »

Isaïe 66, 10-14

À l’écoute

Avec ce mot joie, l’Écriture sainte veut exprimer une multiplicité d’expériences collectives et personnelles, liées en particulier  au culte religieux et aux fêtes, pour reconnaître le sens de la présence de Dieu dans l’histoire d’Israël.

Pour l’Ancien Testament, on y est invité à la joie, joie de la proximité de Dieu, joie pour tout ce qu’il a créé, joie pour toute son œuvre

Dans le Nouveau Testament, la joie est le don messianique par excellence, comme Jésus lui-même le promet: pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète (Jn15, 11; 16, 24; 17, 13).

Selon Paul, la joie est un fruit de l’Esprit (Ga.5, 22) et une note typique et stable du Royaume (Rm.14, 17), qui se renforce encore à travers la tribulation et les épreuves (1 Th1, 6).

Is. 66, 13 Comparaison de Jérusalem à une mère! Portrait délicat mais vrai d’un Dieu qui vibre comme une mère et dont les émotions intenses sont contagieuses. Une joie du cœur (Is. 66, 14) qui naît de Dieu –visage maternel et bras qui soulève – et se répand au milieu d’un peuple estropié par mille humiliations et dont les os sont devenus fragiles. C’est une transformation gratuite qui s’élargit dans la fête aux cieux nouveaux et à la terre nouvelle (Is. 66, 22), pour que tous les peuples connaissent la gloire du Seigneur, fidèle et rédempteur.

Réflexion

1.    Qu’est-ce qui te frappe dans ce texte d’Isaïe ?

2.    Qu’est-ce que la joie évoque pour toi ? 

3.    Peux-tu partager une expérience de joie qui t’a permis de mieux découvrir le visage de Dieu.

4.    Note un point que tu aimerais garder.


II - Voilà la beauté ...

«C’est cela, la beauté de la consécration: c’est la joie, la joie ...». La joie de porter à tous la consolation de Dieu. Ce sont les paroles du Pape François pendant la rencontre avec les Séminaristes et les Novices. «Il n’y a pas de sainteté dans la tristesse!», poursuit le Saint-Père, il ne faut pas que vous vous désoliez comme les autres, qui n’ont pas d’espérance, écrivait Saint Paul (1 Th 4, 13).

La joie n’est pas un ornement inutile, elle est exigence et fondement de la vie humaine. Dans les soucis quotidiens, chaque homme et chaque femme aspire de tout son être à atteindre la joie et à y demeurer.

Dans le monde, il y a souvent un déficit de joie. Nous ne sommes pas appelés à accomplir des gestes épiques ni à proclamer des paroles retentissantes mais à témoigner de la joie qui vient de la certitude de se sentir aimés, de la confiance d’être sauvés.

Notre courte mémoire et notre expérience faible nous empêchent souvent de rechercher les «terres de la joie» dans lesquelles goûter le reflet de Dieu. Nous avons pourtant mille motifs de demeurer dans la joie. Sa racine se nourrit de l’écoute croyante et persévérante de la Parole de Dieu. À l’école du Maître, on entend: que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète! (Jn. 15, 11) et il nous entraîne à nous exercer à la joie parfaite.

«La tristesse et la peur doivent céder la place à la joie: Réjouissez-vous ... exultez ... soyez pleins d’allégresse, dit le Prophète (66, 10). C’est une grande invitation à la joie. Tout chrétien, et nous-mêmes surtout, est appelé à porter ce message d’espérance qui donne sérénité et joie: la consolation de Dieu, sa tendresse envers tous. Mais nous ne pouvons pas en être porteur si nous n’expérimentons pas nous-mêmes en premier la joie d’être consolés par Lui, d’être aimés de Lui. J’ai rencontré quelques fois des personnes consacrées qui ont peur de la consolation de Dieu et … les pauvres, ils se tourmentent, parce qu’ils ont peur de cette tendresse de Dieu. Mais n’ayez pas peur. N’ayez pas peur, le Seigneur est le Seigneur de la consolation, le Seigneur de la tendresse. Le Seigneur est père et Lui, il dit qu’il fera avec nous comme une maman avec son enfant, avec tendresse. N’ayez pas peur de la consolation du Seigneur».

Réflexion :

1.    Partage ce qui te touche le plus dans ce texte ?

2.    «Nous ne pouvons pas en être porteur si nous n’expérimentons pas nous-mêmes en premier la joie d’être consolés par Lui, d’être aimés de Lui ... »

*       Es-tu d’accord avec ce que nous dit le Pape François ?

*       Peux-tu partager comment dans ta vie de tous les jours tu as pris conscience de cela ?

III - En vous appelant…

«En vous appelant, Dieu vous dit: ‘ Tu es important pour moi, je t’aime, je compte sur toi’. Jésus dit ceci à chacun de nous! C’est de là que naît la joie! La joie du moment où Jésus m’a regardé. Comprendre et sentir cela est le secret de notre joie. Se sentir aimé de Dieu, sentir que pour Lui nous ne sommes pas des numéros mais des personnes; et sentir que c’est Lui qui nous appelle».

Le Pape François dirige notre regard vers le fondement spirituel de notre humanité pour voir ce qui nous est donné gratuitement, par une libre disposition divine et une libre réponse humaine. Alors Jésus fixa son regard sur lui et l’aima. Et il lui dit: «Une seule chose te manque: va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel; puis, viens, suis-moi» (Mc.10, 21).

Le Pape nous rappelle: «Jésus, au cours de la dernière Cène, s’adresse aux apôtres à travers ces paroles: Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis (Jn. 15, 16), qui rappellent à tous que la vocation est toujours une initiative de Dieu. C’est le Christ qui vous a appelés à le suivre dans la vie consacrée et cela signifie accomplir continuellement un «exode» de vous-mêmes pour centrer votre existence sur le Christ et sur son Évangile, sur la volonté de Dieu, en vous dépouillant de vos projets, pour pouvoir dire avec Saint Paul: « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi» (Ga. 2, 20).

Le Pape nous invite à un pèlerinage à reculons, un chemin sapientiel pour nous retrouver sur les chemins de Palestine ou tout près de la barque de l’humble pêcheur de Galilée. Il nous invite à contempler les débuts d’un chemin ou mieux, d’un événement qui, inauguré par le Christ, fait laisser les filets sur la rive, le banc des impôts sur le bord de la rue, les velléités du zélote parmi les projets du passé. Autant de moyens inadaptés pour demeurer avec Lui.

Il nous invite à nous arrêter longuement, comme en un pèlerinage intérieur, devant l’aube de la première heure, là où les espaces sont chauds de relation amicale, l’intelligence est menée à s’ouvrir au mystère, la décision détermine qu’il est bon de se mettre à la suite du Maître qui seul a les paroles de la vie éternelle (cf Jn.6, 68). Il nous invite à faire de toute notre existence «un pèlerinage de transformation dans l’amour».

Le Pape François nous appelle à nous arrêter en esprit sur l’image du départ: «la joie du moment où Jésus m’a regardé», et à évoquer le sens et l’exigence qui sous-tendent notre vocation: «c’est la réponse à un appel et à un appel d’amour». Demeurer avec le Christ exige d’en partager la vie, les choix, l’obéissance de la foi, la béatitude des pauvres, la radicalité de l’amour.

Il s’agit d’une vocation à renaître. «J’invite chaque chrétien à renouveler, aujourd’hui même, sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par Lui, de le chercher chaque jour sans cesse».

Réflexion : Le Pape nous invite à « un pèlerinage à reculons » ...

*       Est-ce que tu peux appliquer ce texte à ce qu’Émilie elle-même a vécu  et te demande ?  Relève quelques événements de sa vie qui te frappent.

*       As-tu un cœur qui désire quelque chose de grand ou un cœur endormi par les choses?

*       Ton cœur conserve-t-il l’inquiétude de la recherche ou l’as-tu laissé s’étouffer par les choses, qui finissent par l’atrophier?».