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La vision et le zèle ont tracé le chemin
 
Le récit suivant est basé sur les différents documents venant des Archives de la Congrégation; documents historiques appartenant à la Comtesse Annie Leary; articles de journaux, cartes et photos de la Ville de New York en l’année 1908; informations variées trouvées sur le web; et le livre volumineux Présentation Historique de la Société de Marie Réparatrice (1818-1953), par Henri de Gensac S.J. L’imagination de l’auteur remplira les trous.

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Jérusalem-Mexique-New York: La Connexion SMR

La maison de Jérusalem fut le résultat d’un rêve et d’un désir ardent de MM de St Maurice. Après trois années de négociations avec Propaganda Fide, elle reçut l’approbation d’établir une communauté dans la ville qui gardait, même dans son sol et son eau, la mémoire du passage de Jésus. Les parents de MM de St Maurice, à l’occasion de leur jubilé d’Or, lui avait fait un don de 100,000 francs. Ceci a servi pour louer et meubler une maison près de la porte de Jaffa, lui permettant ainsi de réaliser son rêve.

Quand les premières Réparatrices arrivaient en 1888, Jérusalem était une réalité très complexe où la politique et l’économie mondiale s’entremêlaient avec la religion. La population s’était accrue à 50,000 s’étendant, pour la première fois, dans les environs bâtis hors des anciens murs de cette ville poussiéreuse d’un mille carré. Des Européens, des Arabes et des Juifs y bâtissaient de beaux édifices à la louange de Dieu. En même temps, quelques uns construisaient des ambassades élégantes pour l’exaltation de leurs propres nations, tandis que tous établissaient des lieux pour le commerce afin de hausser leur statut économique. Entre temps, tout le monde regardait soigneusement l’autre pour des signes d’alliances politiques et pour le contrôle. On peut avoir une bonne image du climat ethnique qui enveloppait nos Sœurs en lisant le rapport de la première Neuvaine de Réparation en 1888 :
Nous avons eu un mission bien réelle durant ces dix derniers jours : 32 Messes de Réparation ont été célébrées dans notre petite chapelle dans quatre rites différents : Latin, Arménien, Grecque et Maronite. Les quatre coins du monde y étaient représentés. Quelques uns des Amériques sont arrivés juste à temps pour faire quelques bons actes de réparation. La France, le Belgique, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Turquie, l’Égypte, etc. ont participé à ces solennités. À divers moments tout le monde était en larmes.

Être impliqué dans des événements qui sollicitent une telle réponse aurait certainement encouragé le zèle de toute Réparatrice saine, active et engagée. La communauté, sans doute, donnait une inspiration merveilleuse et une éducation pour savoir comment fonctionner avec d’autres afin d’étendre le ministère. Les sœurs étaient attentives et prêtes à répondre aux besoins des pauvres, accueillant les pèlerins, facilitant des retraites dans différentes langues, et offrant l’accompagnement spirituel à plusieurs.

Un Jeudi embaumé à Jérusalem, MM du St Sauveur, membre de la communauté qui, plus tard émergerait comme une figure vitale de la première fondation aux États-Unis, était marquée pour l’adoration de 22 à 23 h. Plutôt que passer le temps entre les Complies et 22h à s’occuper des nombreux travaux qu’elle avait à faire dans sa charge, elle a décidé d’aller se promener un peu sur la terrasse. Tandis qu’elle contemplait le ciel sombre, elle pouvait voir les étoiles, les planètes et les constellations. Plus elle regardait, plus elle en voyait. Est-ce cela qui arrive, se demandait-elle, quand on dit Oui à Dieu ? Un petit Oui peut conduire à un autre, et un autre, et avant qu’on le sache, il y a un tourbillon de liens, de gens, de pays, de maisons, de ministères, tous tenus ensemble par la vaste, sombre et forte main de Dieu.

MM de St Sauveur a vécu assez pour voir ces rêves nocturnes devenir réalité dans sa vie.

Lorsque que nous la rencontrons à Jérusalem en 1889, MM de St Sauveur, née Nathalie Jouvert, avait déjà passé six ans dans la Mission de Maduré, en Inde. Elle a aussi prit part aux commencements très pauvres des communautés de Valencia et de Barcelone en Espagne où, pendant plusieurs mois, la communauté a dormi sur le plancher sur des paillasses de paille. Elle se savait intelligente, bien éduquée, enjouée, et tenace. Pendant bien des années, elle avait joué et rit dans les vignobles et les bois de son village natal de Duravel, en Dordogne, France, exerçant sa volonté contre les attentes de ses parents et de ses professeurs. Dans sa jeunesse Nathalie avait goûté au vin fort de l’adulation, à la douceur de l’amitié et aux plaisirs d’une vie sociale bien remplie. Néanmoins, quand Dieu lui a offert des vignobles plus vastes et une place parmi les disciples de Jésus, son Oui n’a jamais fléchi.

Après huit années bien fructueuses à Jérusalem, en 1898 il fut demandé à Nathalie, ainsi qu’à six autres sœurs, d’aller au Mexique pour établir la première maison de la congrégation en Amérique. Près d’un an s’est passé dans des logis temporaires, entre la recherche d’un immeuble approprié et l’obtention de l’approbation du gouvernement. Finalement, le 3 décembre 1898, la Messe fut célébrée dans la première chapelle Américaine de Marie Réparatrice.

Une étincelle du grand feu qui consumait Jésus a brûlé pendant longtemps dans le cœur de St Sauveur et à travers les prochaines années elle semblait en être embrasée. Au milieu des épreuves et une grande pauvreté, la communauté de Puebla de los Angeles a été établie en 1898 et à Guadalajara en 1903. Entre temps, elle est allée en Europe pour le Chapitre Général de 1902. Pendant les arrêts prévus à New York, St Sauveur a établi des contacts en vue d’une fondation dans cette ville. Pendant tout ce temps, elle travaillait pour commencer des communautés au Cuba, Havane en 1904 et Camagüey en 1909.

En 1904 un jeune prêtre italien, Bonaventura Cerretti*, qui a été nommé secrétaire de la Délégation Apostolique, arrivait au Mexique. Les pas de Cerretti et de MM de St Sauveur se sont croisés; leur rencontre était le début d’une amitié solide lorsqu’il est devenu le défenseur et le soutien de la congrégation. Dans la lettre annuelle de 1905 de la maison de México, nous lisons : « Msgr. Cerretti, secrétaire de la Délégation, a été nommé auditeur de la Délégation Apostolique des États-Unis. Il demeure un ami excellent et fidèle de la maison et essaie de faire tout pour nous, avant d’aller occuper son nouveau poste. » Nous avons les copies des cinq lettres écrites de Washington D.C. par le jeune monsignor à MM de St Sauveur. Elles datent de 1906 à 1911. Dans la lettre de décembre 1906 il réfère à « notre fondation ». Il est évident qu’il voulait aider les Réparatrices à venir aux États-Unis, tel qu’on le voit dans les conversations qu’il a eues avec l’Évêque de Brooklyn, les Archevêques de Boston et de Philadelphie, et avec le Délégué Apostolique, qui dit-il, « est très prêt à nous assurer son soutien ».

En Octobre 1907, St Sauveur a visité les États-Unis en route vers la Havane. Elle voulait s’assurer que tout état en ordre pour la fondation de New York, qui devait avoir lieu dans quelques mois. Elle est allée premièrement à Washington D.C. pour visiter avec Msgr. Cerretti et ensuite à New York pour rencontrer la Comtesse Leary. Malheureusement, la comtesse n’était pas dans la ville, mais à sa maison d’été à Newport, Rhode Island, à 180 milles de là. La Comtesse avait averti que si les Religieuses de Marie Réparatrice venaient, elles devaient venir la voir à Newport. St Sauveur quittait alors New York pour Newport, où elle rencontrait la Comtesse. À la suite de leur conversation, les deux ont décidé que la Comtesse trouverait une maison convenable pour les sœurs et une pension qui couvrirait les dépenses journalières de six sœurs.



*Il est intéressant de noter que Bonaventura Cerretti, qui est devenu un archevêque en 1914, a joué un rôle très important à la fin de la Première Guerre Mondial. Il a représenté le Saint Siège à la Conférence de Paix de Paris de mai à juin l919 essayant, sans succès, d’amener les « Grandes Puissances» à accepter le Mot de Paix du Pape Benoit XV. Dans les 1920 il a négocié avec succès l’Entente Briand-Cerretti entre le gouvernement de France et le Vatican. Entre autres points importants du document qui a défini la distinction entre l’église et l’état, ceux-ci sont remarquables : les relations diplomatiques entre la France et le Vatican ont été ré-établies; l’administration des édifices religieux n’était plus confiée à des représentants élus démocratiquement mais aux associations diocésaines présidées par l’évêque ; le droit de l’église de nommer les évêques a été clarifié. En 1922, Monsignor Cerretti a été nommé Nuncio de France et, en 1925, il devenait Cardinal.

Pendant toute sa vie il apparaissait comme un ami et une personne concernée du bien-être des autres, comme on le voit dans ses lettres à Saint Sauveur, demandant des prières et lui envoyant une variété d’amis pour qu’elle les aide par son ministère. J’ai aussi trouvé une histoire d’un jeune séminariste jésuite, Henry Wessling, qui est devenu aveugle en 1910 suite à l’explosion d’une expérience chimique qu’il entreprenait. Pendant sept ans, il attendait une dispense afin d’être ordonné prêtre malgré sa cécité. En 1917, Monsignor Cerretti voyageait de l’Australie à travers les États-Unis, en route vers l’Europe. Il apprit que Wessling n’avait pas encore été ordonné. Il a promis de présenter le cas à l’attention de Rome. Il est allé voir le Pape pour une dispense, et le Pape a dit, « Montre-moi un précédent. » Cerretti est allé immédiatement à Januarius Bucceroni, S.J. qui connaissait tous les scandales ecclésiastiques des 300 dernières années. Bucceroni racontait l’histoire d’un Provincial Espagnol qui avait ordonné un homme aveugle. Cerretti a dit cela au Pape qui a dit, « Si un Provincial Jésuite peut ordonner un homme aveugle, je suppose que le Pape peut le faire. » Et la dispense fut accordée.


Avec gratitude spécial à Lourdes Rodarte, smr et à Maria Jesus Platero, smr pour fournir information regardant MM de St Sauveur.

La suite de l’histoire sera partagée périodiquement pendant l’année.
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Concepción González Cánovas, smr.
Traduit par Sœur Edna Dolan, smr.