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TEMOIGNAGE DE LA VOCATION DE SOEUR Mª AMOR LANTARÓN
 

 TEMOIGNAGE DE LA VOCATION DE SOEUR Mª AMOR LANTARÓN

Je suis née à Renedo de Piélagos, un petit village de Santander (Espagne)

En me demandant ce témoignage sur ma vocation, j’ai commencé à écrire et à rembobiner… …et je vois que beaucoup, beaucoup d’années ont passé mais je me rends compte que tout, vu de cette perspective, apparaît plus clair sur la manière dont a commencé cette aventure. 

Oui, je me souviens. J’avais 16 ans quand je vivais pour la première fois la douleur : la mort d’une de mes sœurs, elle avait 12 ans, pour moi cette expérience fut très forte. En ce temps-là on gardait le deuil à cause de la famille proche. J’ai vécu deux ans sans sortir avec le groupe d’amies ; avec elles tous les dimanches nous allions au cinéma, en promenade ou à quelque pèlerinage…quelques fois, nous nous sommes jointes à un groupe de garçons de notre âge.

Durant ces deux années, les dimanches, à part assister à l‘Eucharistie, au rosaire, … je consacrais du temps à la lecture que j’aimais beaucoup. Parmi les livres que j’ai lu un  « La jeune et Christ » et d’autres dans la même collection, m’éveillèrent chaque fois plus au désir de connaître Jésus et d’être plus en relation avec Lui. Ma relation était sous forme de dialogue et affective. Je me mettais en sa présence et lui parlait, lui parlait…La visite au Saint Sacrement en fin d’après-midi me plaisait, c’étaient des moments intimes et je sentais que Jésus me demandait de petits sacrifices pour lui et pour les autres, par exemple : cesser d’acheter quelque chose pour moi et le donner à un pauvre concrètement.  J’étais consciente que ces petites exigences allaient en augmentant et cela m’effrayait un peu …

Tandis que j’accomplissais mes 18 ans quelque chose avait changé en moi par rapport à la relation avec les garçons. Je sentais que je ne devais pas me laisser “choisir” par aucun jusqu’à voir quel chemin suivre. Tout cela je le vivais sans savoir exactement où cela me conduirait, je le vivais seule, à personne je ne confiais mes pensées, le sens de « mes attentes » et l’incertitude de mon avenir personnel … Ainsi passèrent quatre années attendant de voir clair et que Quelqu’un avec qui je parlais me dirait de manière précise et concrète : « Viens et suis-moi ». Et cela arriva de cette manière : un jour au travail (je travaillais dans un bureau) je me suis trouvée surprise avec cette pensée ou ce sentiment, comme si quelqu’un me suggérait au fond de moi : « Tu seras religieuse », mais d’où me venait cette pensée et ce sentiment, si je n’avais jamais parlé avec personne de ce sujet. Jamais je n’ai été en rapport avec des religieuses. Comme je doutais d’avoir des qualités pour la vie religieuse, immédiatement je suis allée voir le curé et je lui ai demandé sans préambule : Vous croyez que j’ai des qualités pour la vie religieuse ? Le curé m’a répondu: cela fait beaucoup de temps que j’attendais cette question, je suis certain que tu as ces qualités ! Et la suivante : où te sens-tu attirée ? Quelle communauté religieuse ? Je ne le savais pas. Je voulais seulement répondre à Dieu et allait où Lui voudrait, ce qui lui plairait le plus, aussi je dis : les Missions, j’ai pensé que cela plairait à Dieu.

J’ai commencé à connaître deux ou trois congrégations par les écrits de leurs fondateurs, ou fondatrices, une de celles-là fut les réparatrices. J’ai lu des choses de la fondatrice et quand je me suis trouvé avec : ETRE MARIE POUR JESUS je me suis dit : « c’est cela qui plait le plus à Dieu, MARIE ». Et je suis allée les connaître et le trait qui m‘a plu d’elles, c’est la réparation par l’adoration du Saint Sacrement et les Missions. L’être Marie pour Jésus, je l’ai découvert peu à peu durant ma vie.

L’année suivante j’entrais au noviciat et commençais cette aventure. Le noviciat fut un vrai test qui me conforta dans la foi et la suite de Jésus. Avec la spiritualité réparatrice je me sentais très bien, mais il manquait l’apostolat parce que je voyais que très peu de sœurs se consacrées à lui. Et commencèrent les doutes…  grâce à Dieu j’ai eu des aides qui me permirent de les surmonter. Le Seigneur m’a enseigné et montré le chemin : la découverte de la présence de la Trinité en moi fut une expérience très forte de sa Présence en moi, qui m’a réjoui et depuis lors continue de me donner de la joie. Connaître aussi Jésus de l’intérieur, cela me fascinait de contempler ses attitudes et ses sentiments, la foi a pris de plus en plus racine en moi, l’humilité, l’abandon et la confiance en Lui. En même temps grandissait en moi de plus en plus le désir d’aller vers les plus pauvres et je me disais en moi-même : pourquoi Dieu a mis en moi ces désirs si je ne peux pas les réaliser …?

Les 12 premières années je vécus cloitrée avec peu de relation avec des gens de l’extérieur… Après Vatican II les doutes disparaissaient pour faire place à une autre expérience spirituelle plus incarnée. La présence de Jésus en moi a acquis une autre dimension, la rencontre avec les pauvres. Et ainsi, d’un endroit à l’autre je me suis trouvée avec eux: prédélinquants, prisonniers, toxicomanes, familles brisées, avec peu de ressources humaines et psychologiques, violence dans les relations familiales, immigrants, sans papiers, sans toit, sans nourriture et à partir de là et avec eux j’ai appris à me mettre à la place de l’autre, à com-patir et à savoir et sentir ce qu’est la solidarité incarnée.

Le partage de la foi et de la vie avec d’autres groupes de laïcs et dans les paroisses, les préoccupations pour la justice m’ont ouvert plus d’horizons de réparation.

Je crois que je suis dans la dernière étape de ma vie. Je reconnais que Lui a toujours été en moi, plus que moi-même et qu’il m’a portée et continue en me portant chaque fois plus vers Lui et vers les autres, un chemin sans fin…

Après ce long chemin je peux dire que de nouveau je me suis trouvée devant ETRE MARIE POUR JESUS dans le monde actuel : ouverte au monde aussi proche que lointain, l’embrasser dans la vie quotidienne, me faire un avec lui et le porter à Dieu pour qu’il soit Tout en tous.

En terminant d’écrire et en relisant il me semble que je n’ai pas su retenir l’essentiel dans ce parcours de ma vie.