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Carmen García Comment le Seigneur m’a appelée à la vie religieuse ? Peu à peu, doucement, un processus
 

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Carmen García

 

 

Comment le Seigneur m’a appelée à la vie religieuse ?

Peu à peu, doucement, un processus.

 

Je suis née dans le petit village de La Paz de Ordaz, dans l’état de Jalisco, au Mexique, où j’ai vécu jusqu’à mon adolescence. De là, ma famille en premier et puis moi ensuite, nous sommes allés vivre dans un quartier de la périphérie de la ville de  Guadalajara, dans l’état de Jalisco, à environ 103 km de mon village. Le fait de me séparer de ma famille pour un temps (plus ou moins une année) et d’abandonner ma vie dans le village, fut un changement fort pour moi. Au début je m’enfermais dans ma maison et en moi-même. J’ai vécu une étape de rébellion, je me sentais en colère contre ma famille, avec l’entourage et avec Dieu aussi. L’adaptation à la ville n’a pas été facile, il m’a fallu plusieurs années. 

A une occasion, pendant le temps de Carême, devant l’insistance de ma maman, j’ai assisté à un groupe de Jeunes de la paroisse “San Lázaro” à laquelle nous appartenions. Les jeunes se réunissaient le soir près de ma maison durant toute la semaine, réfléchissant sur des thèmes pour se préparer à la Semaine Sainte. Ce jour-là le thème était sur la Parabole de l’Enfant prodigue (Le Père Miséricordieux). La jeune qui donnait le thème, expliqua que Dieu est un Père bon qui m’aime, qui est tout proche de moi, qui sait et comprend ce qui m’arrive, pour cela il me comprend et me pardonne. Ces phrases et la manière dont elle les disait, touchèrent quelque chose en moi ; j’ai senti qu’elle me les disait pour moi ; bien que des années soient passées depuis mon étape de rébellion, quelque chose n’allait pas en moi. J’avais une autre image de Dieu et celle qui maintenant m’était présentée m’était inconnue, nouvelle. 

Les jours suivants j’attendais de quoi allait traiter le thème. Je voulais continuer à écouter sur ce Dieu que j’étais en train de découvrir. Le dernier jour, tandis que je me dirigeais vers le groupe, je me sentais triste que se terminent ces rencontres qui étaient en train de tant m’aider. Je me suis réjouie, quand à la fin de la semaine, la jeune qui présentait les thèmes demanda si nous voulions continuer à nous réunir comme groupe de jeunes, une fois par semaine, dans ce même lieu. La majorité nous étions d’accord, ainsi le groupe a continué durant un temps. Ce fut dans cet espace, où peu à peu, sans m‘en rendre compte, Jésus m’enthousiasma, entrant et gagnant mon cœur, le sentant près de moi et cela donnait un nouveau sens à ma vie.

Un jour, rentrant à la maison après le travail, j’ai laissé passer mon arrêt de bus et je suis descendue en face de la Paroisse Cristo Rey. Je suis entrée dans l’église et je me suis dirigée vers la chapelle du St Sacrement qui était exposé. Je suis restée en parlant avec Jésus jusqu’à ce que commence la messe de 19h à laquelle j’assistais, et quand je suis sortie je me sentais tranquille, contente. Ces visites se répétèrent à chaque fois que je le pouvais. Quand approchait l’heure de la sortie du travail, ma pensée allait à Jésus : je voulais arriver et être là, lui parler, faire silence, le sentir. Naissait  en moi une phrase que je lui répétais sans cesse : “Jésus, je t’aime”, “Jésus, je t’aime”. C’était une prière qui naissait devant le Saint Sacrement et s’étendit à d’autres moments de la journée. J’adressais cette prière à Jésus sûre que lui, mieux que personne, me connaissait et m’écoutait, et voyait la profondeur et la sincérité avec laquelle je le lui exprimais. En même temps que cela, j’ai trouvé une aide psychologique et j’ai travaillé l’étape difficile que j’avais vécue. Ce fut un lent processus de sentir comment j’étais en train de prendre soin de ma vie intérieure et aussi de mon petit monde. J’étais plus attentive à ce qui se passait à l’intérieur de ma famille, je m’intéressais plus à mes voisins faisant une conversation avec quelques-uns et de cette façon j’ai connu leur réalité et leurs besoins, je me sentais bien quand je pouvais leur faire une visite et voir comment ils étaient reconnaissants. Ces petits gestes me nourrissaient. Je me suis rapprochée plus de ma paroisse : j’allais à la messe, je participais aux activités qui se faisaient, j’entrais pour saluer Jésus dans le Saint Sacrement quand je passais et voyais que la porte était ouverte, j’ai commencé à soutenir la catéchèse des enfants qui me réjouissais car j’aimais être avec eux, leur parler de l’amour que Dieu et Jésus ont pour eux; l’amour que moi j’étais en train d’expérimenter.

A commencé à surgir en moi le désir que d’autres personnes connaissent et fassent l’expérience de Dieu comme je la vivais : proche et donnant sens à leurs vies. Avec cette pensée et cette préoccupation, un samedi j’étais en train de laver mon linge au milieu de la journée quand on a sonné à la porte, et je suis sortie pour ouvrir. C’était Paz del Castillo (R .I .P.). Moi je ne la connaissais pas. Elle était âgée. Elle me demanda : “Tu es Carmelita”. Je lui répondis que Oui. Elle se présenta, dit qu’elle est Sœur de Marie Réparatrice, qu’il y a une communauté de sa Congrégation dans le quartier mais qu’elle vit dans la communauté de l’avenue de la Paz et elle vient m’inviter à un groupe de jeunes. Je me souviens que j’étais sans comprendre bien de quoi il s’agissait dans ces réunions, mais heureuse parce que je savais que j’allais continuer à connaître Dieu, Jésus ; l’invitation était pour faire les Exercices dans la vie courante. 

Les Exercices dans la Vie courante durèrent près d’une année. Durant ce tems je fus accompagnée par Paz. Je me rappelle une fois que je n’ai pas assisté à la réunion hebdomadaire et que je n’ai pas pu prévenir. Paz est arrivée l’après-midi chez moi et m’a dit : ‘je suis venue seulement pour savoir comment tu étais, si tout le monde dans ta famille est bien”. Ce geste m’a surprise, me fit du bien. Il y avait certains jours où depuis mon travail je l’appelais et je lui disais que j’avais besoin de partager ce qui se passait en moi, sa réponse était : “Veux-tu venir après ton travail ?”, et en sortant j’allais à sa maison. Un jour que j’avais besoin de partager, j’ai appelé Paz pour lui demander qu’elle m’écoute, bien que ce soit par téléphone, car cela faisait peu de jours que j’avais été opérée du genou. Elle avec le même accueil et le ton aimable de toujours, elle me dit : « Veux-tu venir après ton travail ? » Ce jour-là elle me reçut dans sa chambre. La disponibilité, l’accueil, l’amabilité, l’intérêt et la proximité de Paz m’ont reliée à l’expérience de la proximité de Dieu. 

J’ai commencé à porter mon attention sur les Soeurs de Marie Réparatrice que j’avais vu passer dans ma rue alors que j’avais environ 20 ans. Maintenant je les observais avec plus d’attention : je les voyais converser avec quelques personnes du dehors; saluant avec amabilité les personnes y compris les jeunes avec des problèmes d’addiction à la drogue qui se rassemblaient dans le coin de ma rue, et plus d’une fois je vis l’une d’entre elles converser avec un jeune drogué. Je voyais comment elles étaient en lien avec les personnes de l’Eglise; vendant des tranches de gâteaux et des biscuits après la messe. Leur simplicité attira mon attention, leurs gestes envers les personnes et leur manière de vivre dans la réalité du lieu ; je sentais le désir de vivre aussi cela.

A la lumière des fiches des Exercices dans la Vie courante je sentis l’appel à la Vie religieuse. Au début j’essayais de ne pas m’arrêter à ce sentiment, que cela venait de moi et je ne le partageais pas avec Paz, mais je me rendis compte qu’elle le voyait parce que quand nous abordions ce thème elle me dit qu’elle voyait que le Seigneur m’appelait à la vie religieuse. Les Exercices dans la Vie courante terminés, Paz me proposa de vivre une expérience de deux mois dans une communauté SMR à San Juan Tecuaco, au Guatemala, où je ne pus aller seulement qu’un mois en raison de mon travail. Ce temps fut suffisant, avec ce que je vécus dans la communauté des Sœurs et les gens du village, je sentis que Dieu confirmait mon appel. Au retour de cette expérience je me sentais contente parce que quelque chose me disait que j’avais trouvé ce qui donnerait sens à ma vie. Accompagnée par Paz je repris l’expérience vécue au Guatemala. J’ai parlé avec maman et papa, et je fis ma demande pour entrer dans la Congrégation en 2006, j’avais 37 ans. Ce qui m’a le plus coûté fut de laisser ma famille, surtout mes parents et en cela je sentis aussi Dieu proche avec la conviction et la paix intérieure qu’il m’offrait.  

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