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New York cent ans - Ententes et mésententes
 

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Le récit suivant est basé sur les différents documents venant des Archives de la Congrégation; documents historiques appartenant à la Comtesse Annie Leary; articles de journaux, cartes et photos de la Ville de New York en l’année 1908; informations variées trouvées sur le web; et le livre volumineux Présentation Historique de la Société de Marie Réparatrice (1818-1953), par Henri de Gensac S.J.  L’imagination de l’auteur remplira les trous.

Les textes des lettres écrites par MM de S Véronique Giuliani ont été transcrits de l’original.



« Le port restait fermé sous une épaisseur de glace qu’on n’avait pas vue depuis plusieurs années, arrêtant toute circulation de bateaux.  Près de Sandy Hook, à l’entrée du port de New York, des centaines de passagers débarquaient des bateaux pris dans la glace et marchaient un demi-mile sur la glace dure jusqu’au rivage de New Jersey. »  Avec ces mots, Jim Rasenberger, l’auteur de America 1908 : The Dawn of Flight, the Race to the Pole, the Invention of the Model T, the Making of a Modern Nation,décrit le matin du dimanche, 9 février 1908.  Ce jour-là, 11 jours après avoir quitté Naples, le SS Cédric arrivait à New York.  Nous assumions que le Cédric n’avait eu aucune difficulté à atteindre le quai puisque nos sœurs n’ont jamais mentionné dans leurs lettres qu’elles avaient été obligées de marcher sur la glace!  La Statue de la Liberté, don du peuple de France, érigée sur l’île de Bedloe en 1886, accueillait le bateau tandis qu’il entrait dans le port de New York.  MM de St Matthieu et MM de Ste Véronique Giuliani, bien serrées dans leurs capes, s’appuyaient sur le parapet en contemplant l’horizon.  À première vue, la Ville de New York s’est montrée sous un léger voile de neige dans une lumière frigide et claire.  Pendant que les longues procédures d’amarrage et d’inspections se poursuivaient, Véronique et Matthieu ont ouvert leurs cœurs à Dieu, laissant de grandes espaces pour recevoir cette immense ville; et la Comtesse inconnue qui les avait invitées; l’Archevêque qu’elles avaient besoin de contacter immédiatement; le peuple qu’éventuellement elles serviraient; ainsi que les sons, les senteurs, l’activité constante, et la différente prononciation de la langue Anglaise parlée dans la ville.


Mlle Margaret Dewey Brady, une amie de longue date de la Comtesse Annie Leary, qui avait visité les Réparatrices en Florence, les a reçues avec grande joie.  Leurs malles et leurs bagages à main ont été mis dans la voiture qui les attendait et elles sont parties sur les chemins pavés et les rues non-pavées, sillonnées par les roues des chariots, des charrettes, et les innombrables empreintes laissées par les sabots et les pieds dans la neige fondante.  Elles sont allées directement à 49 rue Charlton, une des trois maisons contiguës appartenant à la Comtesse.  Ces maisons formaient le cœur de « l’Institut d’Art et d’Industrie Christophe Colomb » dont le but était de fournir une éducation chrétienne solide et une formation dans les arts et métiers aux enfants des immigrants italiens.   Après plusieurs années de travail préliminaire, l’Institut avait été solennellement dédié par l’Archevêque Farley le 22 juin, 1907.  À cette occasion le Pape Pie X envoyait sa bénédiction spéciale : « À notre chère fille, la Comtesse Annie Leary, pour qui nous implorons la plénitude de tout bonheur pour sa charité, nous donnons de toute notre âme la bénédiction apostolique ».   Mlle Brady, qui était en charge de l’Institut, demeurait au numéro 49.  Mlle Leary avait préparé le numéro 53 pour les sœurs, mais elles ne pouvaient l’occuper avant d’avoir l’autorisation de l’Archevêque.


SMR


La rue Charlton était une rue tranquille et « de bon ton » de Greenwich Village sur le côté nord-ouest de la Petite Italie, un voisinage dans la bas Manhattan où la plupart des immigrants se sont d’abord établis à cause de la proximité des quais.  Dans la photographie à droite, prise en 1908, le numéro 49 est la deuxième maison à partir du coin, près de la pharmacie.


Jambes molles, épuisées, fatiguées, froides, c’est avec reconnaissance que Véronique et Matthieu  ont pris un léger souper et se sont retirées dans leurs chambres où elles ont défait seulement les choses essentielles.


Le lundi, 10 février, dans l’air vif et froid de l’avant-midi, elles ont trouvé leur chemin jusqu’à la Paroisse de St Antoine de Padoue, à 4 rues de là, pour participer à leur première Célébration Eucharistique sur la terre Nord-Américaine.  Elles ont passé le reste de l’avant-midi à écrire des lettres à MM de St Maurice et à leurs familles.  À 16 heures, elles étaient attendues au château de la Comtesse Leary au coin de la 5e Avenue et de la 84e rue.  Peut-être que la Comtesse leur avait envoyé sa voiture, ou peut-être ont-elles pris un des nouveaux taxis à gaz.  En allant chez la Comtesse, elles se sont arrêtées au bureau de l’Archevêque au coin de la 51e rue et l’avenue Madison pour demander un rendez-vous, ce qui leur a été accordé pour le lendemain matin.


En route vers le bureau de l’Archevêque, à côté de la nouvelle cathédrale de St. Patrick, elles ont fait le tour du Carré Washington jusqu’à la 5e avenue nord, direction dans laquelle la ville grandissait rapidement.  Sur le côté sud de Central Park il y avait le nouvel Hôtel Plaza, qui reflétait le soleil sur ses plus de 800 fenêtres.  Elles ont continué pour encore 33 rues, le beau Central Park à l’ouest, avant d’arriver au château de la Comtesse qui venait d’être bâti quelques années auparavant. 


SMRDans une lettre écrite par MM de Ste Véronique à MM de St Maurice le mercredi, 12 février 1908, Véronique raconte sa première visite à la Comtesse; leur rencontre avec leur compagnon de voyage  Patrick Riordan, l’Archevêque de San Francisco; et la visite à l’Archevêque Farley.  Malheureusement, la seconde page manque et peut-être une autre section vers la fin, mais les paroles mêmes de Véronique peuvent nous aider à nous rapprocher de leur expérience.  Ce qui suit est extrait d’une très longue lettre écrite à la fin d’une journée très longue.


Ma Très Révérende et bien aimée Mère,

La paix de Jésus


SMRComme je vous dissiez dans ma dernière lettre de lundi dernier que nous devions faire notre première visite à la Comtesse Leary ce même jour entre 4 – 6 heures je viens vous donner les détails de cette première entrevue. La bonne Comtesse nous a reçues a bras ouverts comme une vraie bonne maman, enchantée de nous voir arriver et regarde notre venue comme chose toute providentielle. Elle a été flattai de savoir que ne pouvant venir vous-même, vous m’avez envoyée a votre place pour lui parler et voir l’Evêque et comprends parfaitement que je ne puis pas rester. Nous l’avons trouvée pas si âgée en apparence… (Page perdue)

Elle a été enchantée de la jolie Croix de Jérusalem que je lui ai donnée de votre part cella lui a fait très grand plaisir.




Le 11, fête de Notre Dame de Lourdes, Véronique et Matthieu sont allées de nouveau à Saint Antoine de Padoue pour une messe matinale.  Après avoir déjeuné et prié ardemment pour la sagesse, elles ont voyagé vers le nord une fois de plus pour se rendre au bureau de l’Archevêque.  À leur arrivée, elles ont appris qu’il y avait une rencontre du clergé et qu’il ne pouvait pas les recevoir.  On leur a donné un autre rendez-vous pour le lendemain à 10h30.  Heureusement, la journée n’a pas été perdue « … parce nous ont pu voir notre bon Archevêque de San Francisco qui nous a reçues avec beaucoup de bonté et nous a dit qu’il avait parlé à l’Archevêque en notre faveur; lui, de son côté, lui a parlé des projets de la Comtesse. »


Le mercredi 12, elles ont finalement rencontré l’Archevêque Farley.  Après cette visite elles sont allées voir la Comtesse.  Lisons une fois de plus les paroles mêmes de Véronique, bien qu’une partie du texte original manque :


…et qu’elle (MM de St Saveur) aurait du alors aller le voir. Je lui ai répondu que la Mère Supérieure de Mexico était de passage a New York pour aller visiter notre maison de Cuba et que nous étions désireuses qu’elle profite de cette occasion pour faire la connaissance de la Comtesse que nous ne connaissions nullement qu’elle-même aurait voulu voir Sa Grandeur, mais que la comtesse voulait être la première a lui en parler et qu’elle nous avait suppliée a garder le secret autrement nous lui aurions écrit de Rome. Il a trouvé que nos procédés n’avait pas été régulières. J’ai fait mon possible pour l’assurer que le but de notre voyage été précisément de parler avec lui de cette affaire que nous ne sommes pas entrées dans la maison que la comtesse nous réserve et qu’on nous avait conseillé bien souvent de venir en personne traiter l’affaire. Puis nous avons parlé de notre genre de vie, et une des premières choses qu’il m’a dites : « Il y a ici un couvent de Religieuses que se sont séparées de vous ». Je n’ai pas fait d’autre réponse que de lui dire: ces religieuses ont un tout autre genre de vie que la notre elles sont Missionnaires et sortent, nous n’avons pas dit d’avantage dans ce sujet. Ce que lui a fait plaisir a été de savoir que nous ne sommes pas des religieuses Mendiantes que nous nous suffisons à nous-mêmes et ne seront pas une charge. Il nous a raconté qu’une dame Italienne avait amené une communauté de religieuses Italiennes et arrivées ici, elle les a abandonnées et n’a plus rien fait pour elles, mais il a ajouté: « La Comtesse Leary ne fera pas cela pour vous » La conclusion de la visite a été très satisfaisante, parce que il m’a dit de dire a la Comtesse qu’il  désirait qu’elle arrange une entrevue avec lui en notre présence afin de bien expliquer ce qu’elle désire faire pour nous et que tout soit bien réglé; après cela il donnera par écrit son autorisation que je pourrais vous envoyer. Je l’ai bien remercie et lui en dit que c’était précisément cela que vous désirez afin que toutes les conditions furent nettement faites. Il nous a dit en attendant de rester ou nous sommes et de bien étudier nos plans. Il nos a congédiées aimablement en nous bénissant et nous appelant « dear child. » En sortent de là nous avons bien remercie Notre Seigneur et N D de Lourdes, de cette heureuse conclusion; peu importe les quelques moments pénibles qu’il faut bien s’atteindre à rencontrer, cela vaut bien la peine d’avoir quelques petites choses à supporter et bien plus encore s’il le faut.


Tous les jours on voit plus clairement comme vous avez été bien inspirée de nos envoyer autrement nous n’aurions jamais réussir. L’Archevêque avait dit à la comtesse il y a quelques semaines qu’il ne nous permettra de venir qu’en deux ans. Hier elle a compris le pourquoi. Il parait qu’il y a une grosse dette sur la Cathédrale de sorte que il désire avoir tout l’argent possible pour liquider cette dette et impose a son clergé beaucoup de sacrifices afin d’arriver à avoir la somme voulue et très probablement connaissant la générosité de la comtesse il pensait avoir son argent aussi et comme elle le dit elle-même, qui sait si en deux ans elle serait encore de ce monde.


Apres notre visite a l’Archevêque, la comtesse a désiré nous voir dans l’après midi et je lui ai fait le message de Sa Grandeur, elle n’a aucune difficulté pour arranger cette entrevue. Elle m’a dit que nous étions toute a fait a sa charge pour tout, n’importe ce que nous aurions besoin, qu’elle paierait notre voyage et mon voyage de retours. Hier matin elle m’a envoyé un petit cadeau de 50 dollars, (250 frs). La première chose que je fais avec cela c’est de faire dire une Messe d’actions de grâces. En parlant des petites maisons ici, je n’ai pas eu aucune difficulté à lui faire comprendre qu’une petite maison de serait pas suffisant pour arranger ce qu’il faut pour une petite communauté que nous aurions besoin de la seconde, et bien, dit elle vous l’aurez, je vous donnerais tout ce que vous avez besoin, je vendrai même tout ce que j’ai dans mon dos si c’était nécessaire, les Religieuses de Marie Réparatrice n’auront jamais rien à souffrir avec moi. Elle est vraiment charmante, un Cour d’or, elle nous aime beaucoup et nous regarde comme siennes. Je vous assure, ma Mère, que nous sommes bien fortunées d’avoir une pareille personne pour cette fondation. Son cœur gagné nous aurons d’elle tout ce que nous voudrons. Malgré ses 84 ans, (il y a une disparité ici, en 1908 la comtesse avait 76 ans) je trouve sa mémoire merveilleuse elle n’oublie rien des petits détails de notre ménage, et heureusement pour nous se rends compte de ce que nous est nécessaire et voit que nous sommes des personnes bien élevées et désire que nous soyons traitées en conséquence. Nous nous apercevons chaque jour que le service est moins primitif. Elle nous a clairement dit son intention de nous bâtir dans le centre de la ville une maison et une Eglise, nos petites maisons ici ne sont qu’un commencement. Elle trouve notre vie parfaite, tout ce qu’elle désire, mais elle a un vif désir d’établir chez nous et a Rome aussi ! La Croix de Christophe Colomb- c'est-à-dire nous pouvons facilement la contenter en appelant ici l’ouvre des petits garçons pour l’instruction religieuse l’Ouvre de la Sainte Croix de Christophe Colomb: c’est son point faible, quand elle commence a chapitre elle ne tassa pas il faut se résigner à la laisser parler pendant longtemps. Elle désire parmi celles que viendrons qu’il y ait une Italienne, et aussi une que puise enseigner à faire la dentelle, border, le dessein et peinture, je vous dis ceci des maintenant pour vous aider à avoir en vue qui vous voudrez envoyer bien entendu elle payera le voyage de toutes. Le premier jour elle a dit a MM de S Matthieu, qu’elle ne voulait pas de françaises, qu’il y en a déjà trop a New York, hier elle m’a dit que n’importe de quelle nations peuvent venir. Il faut que nous tachions de la contenter en tout ce que nous pouvons, elle vaut la peine.



Apres leur visite il faut qu’elles prennent le long séjour vers la maison dans le crépuscule de début février. Une longue journée, sans doute, car la circulation était accrue par l’excitation générée par le commencement de la Grande Course de New York à Paris via le Nord Pole! La température était tempérée et la ville était en train de fête. Des milliers de personnes s’étaient ramassé près de Times Square pour renvoyer dans leur chemin les six équipes dans l’épreuve qui durera 164 jours. Une foi a la maison, la journée n’était pas encore finie et cette longue lettre devait être écrite pour la mettre en poste le lendemain ; vers la fin, nous apercevons l’émotion et la nostalgie.


Je suis très contente de la MM de S Matthieu nous nous entendons très bien ici, je crois qu’elle fera très bien. Nous nous étonnons toutes deux d’être aussi bien que nous sommes, ce sont vos prières que nous obtiennent tant de secours. Il n’y a que 4 jours que nous sommes ici il nous semble bien plus longtemps, nous avons tant fait, tant vue en peu de temps qu’on a la tête remplie. Grâce à Dieu il ne fait pas froid. Tous les matins nous allons à la Messe à l’Eglise de St Antoine qui est la plus voisine a 10 minutes d’ici, ce sont les Peres Franciscains que la desservent. Je regrette qu’elle soit notre Paroisse, les Missionnaires Franciscaines sont dans la même Paroisse, vis-à-vis de l’Eglise, leur maison n’a pas l’air aussi bien que la nôtre et notre rue est aussi bien meilleure.


Voilà ma bien longue lettre j’espère que vous pourrais lire mon griffonnage. Mais je désirais tout vous dire. Qu’il me tarde d’avoir de vos nouvelles, 17 jours que nos avons quitté Rome, il me parait bien plus.



Le lendemain, avant de fermer la lettre, Véronique avait un peu plus de détails à partager :


… nous a assurées tout irez bien el qu’il serait content de nous recevoir. Néanmoins, je crois, Ma Mère, que nos avons encore a bien remercier N S d’avoir faire cette bonne rencontre de l’Archevêque de San Francisco qui aime vraiment les Communautés religieuses et qui a pu ainsi parler en notre faveur a Monsignor Farley, car je ne crois pas qu’il était si bien disposé. La Comtesse était si enthousiasmée d’apprendre que nous allions arriver et qu’elle allait ainsi gagner la cause qu’elle s’est empressée qu’elle fut allée de suite prévenir l’Archevêque qui aussitôt a répondu : « Eh bien ! Elles retourneront tout de suite d’où elles sont venues » Mais elle l’a calmé en lui disant : « Elles viennent premièrement pour demander a Votre Grandeur son autorisation. » Lorsque l’Archevêque a dit a la Comtesse que nous retournerions d’où nous étions venues elle a répondu : « Non Vraiment, elles resteront, dussè-je vendre tout ce que j’ai sur le dos. » elle lui a tenue tête, et au fond, il tient à conserver son amitié car elle a tant fait pour lui.



Finalement la conclusion :


Ma prochaine lettre portera, j’espère, la pièce avec les conditions et l’autorisation de Sa Grandeur. Veuillez nous bénir ma très Révérende et bien aimée Mère et recevoir l’expression de filiale et dévoué respect de votre Enfant bien attachée

M de S Véronique Giuliani, smr



Véronique a ajouté deux postscriptums :


En adressant vos lettres, il faut mieux mettre Via Cherbourg, pas Via Inghilterra c’st trop long.


Pourrez-vous, ma Mère, m’en envoyer une jolie photographe d’une de nos Eglises pour montrer a la comtesse et lui donner l’idée de notre genre. Je voudrais aussi une médaille de l’Adoration on peut l’envoyer comme échantillon. Reconnaissante.



L’espoir d’une rencontre facilement arrangée avec l’Archevêque Farley, Mlle Leary et les deux Réparatrices a fait place graduellement à l’anxiété.  La comtesse a écouté les nombreuses requêtes  qu’elle acceptait, mais qu’elle a bloquées plusieurs fois.


Le 6 mars, MM de Ste Véronique Giuliani a exprimé sa détresse concernant tout ceci à MM de St Maurice.


La semaine dernière, Jeudi 27, elle (la comtesse) nous avait fait venir soit disant pour parler affaires et tout arranger avant de voir l’Archevêque. Nous y avons été 2 heures, elle a été comme toujours on ne peut meilleure, mais parlait de tout excepté de l’affaire désiré puis une autre dame est venue que j’avais connue à Rome et qu’elle avait invitée pour prendre le thé avec nous. J’ai vu que la soirée se serait passée sans aucune conclusion. J’ai pu ensuite profiter d’un moment qu’on ne m’attendais … pour le dire que … plus attendre son thé et la comtesse nous a invitée a souper avec elle et m’a dit que nous continueront notre conversation a bientôt. Je lui suis rappelée que l’Archevêque nous attends toujours et ne veut donner son autorisation sans savoir d’elle a que … compte faire pour assurer notre soutien.


Ce même jour le matin, Monsignor Cerretti m’a fait la surprise d’une bonne visite. Il était venu a New York pour affaires et avait vu Monsignor Farley, l’Archevêque, qui lui avait dit de me dire d’être tranquille qu’il est content de nous avoir dans son Diocèse mais qu’il tenait absolument que la Comtesse assure la fondation.


Comme vous voyez, ma mère, les difficultés pour le moment ici, ne viennent plus de coté de l’Archevêque mais de la Comtesse, ce n’est pas qu’elle ne veuille tout faire pour nous mais elle le veut à sa manière. Tout le monde nous dit la même chose sur elle que nous n’avons rien à craindre avec elle, seulement elle peut changer d’un moment a un autre et ce n’est pas raisonnable de laisser les choses en l’air ainsi. Il n’y a que l’Archevêque qui pourra l’amener à faire ce qu’il veut et j’ai pensé que la meilleure chose pour nous à faire c’était de lui parler et même une bonne occasion de lui témoigner notre confiance. J’ai écrit pour demander une entrevue privée pour mois et ma compagne pour qu’il ne croie pas que la Comtesse était avec nous, et il m’a fait dire de venir ce matin.


Nous y avons été, il nous a reçues aimablement. Je lui ai dit que plusieurs fois j’avais rappelé a la Comtesse Leary son message qu’il désirait la voir en notre présence pour connaître les conditions et pouvoir ensuite donner par écrit son autorisation, mais que la chère comtesse remettait toujours et semblait ne pas comprendre la nécessité tout en voulant faire tout pour nous. Il a dit qu’il voie que nous la connaissons bien que c’est un défaut physique de son âge que c’est bien difficile de tenir son attention sur un point lorsque on lui parle ; qu’il est avec elle quelques fois deux heures sans pouvoir arriver a dire ce qu’il veut. Que je serais bien brave si j’obtiens d’elle ce qui je veux. Qu’elle lui avait bien dit qu’elle ferait tout pour nous, qu’elle vendrait même, s’il le fallait, tout ce qu’elle a sur le dos! Mais il tient absolument qu’elle fasse tout en règle, et veule que nous soyons ensuite indépendantes d’elle. Il a raison et je pense que c’est précisément ce que vous désirez. Mais c’est un point très difficile à arranger car elle ne veut rester à la tête. Il voudrait que je dise en sa présence si elle ne veut pas faire ce que l’Archevêque dit, que je retournerai de suite a Rome. Je ne le dirai certainement pas. Je ne veux pas la froisser a aucun cas nous y perdrons. Pour le moment je n’ai pas autre chose à dire que ce qu’elle sait, qu’il faut qu’elle décide les conditions pour les dire à l’Archevêque et puis continuer à prier beaucoup. C’est un moment critique à passer mais je n’ai pas perdu confiance, il faut bien s’attendre a des difficultés dans une fondation.



Vers la fin de la lettre, nous pouvons deviner le cœur de Véronique et voir son inquiétude et son espérance ferme.


Je prie toujours bien forte le bon Maitre, qu’ il ne permette pas que je me trompe, que je fasse un faux pas et que je ne sois pas un obstacle a la réussite de cette importante affaire. Nous comptons beaucoup sur ce mois de S Joseph. Nous avons une belle statue dans notre petite chapelle ici et nous brulons une lampe nuit et jour devant ce cher saint qui doit tout régler pendant son mois.


La chère comtesse tâche d’être aux petits soins pour nous, ne voulait pas que nous sachions qu’elle avait un rhume, de crainte que cela nous inquiète. A notre dernière visite elle nous a montré de sa fenêtre où elle a l’intention de bâtir un couvent pour nous. La situation serait certainement splendide pour notre œuvre de S Sacrément et retraite. Dieu veille qu’elle puis accomplir tout ce qu’elle désire.


J’ai lu dernièrement que depuis que nous sommes ici elle aussi a perdu une forte somme dans cette crise financière ce qu’elle ne s’attendait pas mais c’est une perte momentanée d’ici quelques mois, elle pense la ravoir. Mais elle ne voulait pas que nous sussions cela. Seulement ceci pourra être un motif pour qu’elle dise qu’elle n’est pas tout-a-fait prête maintenant à dire ce que qu’elle pourra donner pour nous car elle m’a dit quelque chose de ce genre l’autre jour quand nous avons été interrompues. ¿Que dire a cela?



Il semble que Véronique et Matthieu avaient déjà fait des amis dans le voisinage et Véronique partage joyeusement avec MM de St Maurice!


Les amies vont aussi bien bonnes et nous apportent des fleurs ravissantes que nous mettais a S Joseph elle (nous ne savons pas qui est-elle) dit qu’elle est la première sacristine et vous demande, ma mère, avec moi, votre bénédiction maternelle,

M de S Véronique Giuliani, smr



Presque deux mois passeront avant qu’il y ait une entente entre la Comtesse Leary, l’Archevêque Farley et nos sœurs.  Entre temps, l’hiver laissait place au printemps et les fleurs commençaient à s’épanouir dans les jardins, apportant un sens de nouvelle vie à leur rêve d’avoir un ministère vibrant aux États-Unis.


Il y aura encore un autre épisode le mois prochain,  Concepción González Cánovas, smr